Fugues en Valais : radiographie du phénomène

LA FONDATION SARAH OBERSON organise un après-midi de réflexion,

le mercredi 18 octobre 2017 de 14:00 à 17:00
à la Fondation universitaire KurtBösch, Bramois/Sion ,
sur le thème :

Fugues en Valais : radiographie du phénomène

Entrée gratuite sur inscription (par email ou fax)

Programme (PDF)
Argumentaire
Renseignements

Argumentaire

"En Valais, il y a eu entre 2014 et 2016 un total de 1'074 fugues qui ont fait l'objet d'une inscription dans le système national de recherche informatisé de police RiPol. Cela signifie qu'il y a en permanence une moyenne de 7 fugueurs signalés disparus."

 

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La Fondation Sarah Oberson a entrepris avec la filière Travail social de la HES-SO Valais-Wallis une étude quantitative sur les fugues d'enfants en Valais. Depuis plusieurs années, la Fondation demande la création de statistiques nationales concernant la disparition d'enfants. Cette recherche est un premier pas dans ce sens.

L'objectif de la Fondation Sarah Oberson est de mieux cerner l'ampleur de ce phénomène, afin de stimuler d'autres recherches scientifiques qui permettront de mieux le comprendre et de planifier des stratégies de prévention et de réponse adéquates. En effet, les chiffres qui ont été recueillies doivent être complémentées par d'autres données afin d'en comprendre la portée.

La FSO profite de cet article pour remercier les étudiants de leur travail consciencieux ; la HES-SO Valais-Wallis pour sa collaboration ; la Police cantonale valaisanne ainsi que le Service cantonal de la jeunesse pour l'aide fourni dans l'accès aux données nécessaires et à la compréhension des protocoles appliqués en cas de fugues d'enfants.

Ci-dessous vous trouvez la synthèse en chiffres de l'étude effectuée par MM. Yannick Frossard et Samuel Morard, qui y ont consacré leur Travail de Bachelor ((2), p. 75-76).

 

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Synthèses des données

- En Valais, il y a eu entre 2014 et 2016 un total de 1'074 fugues qui ont fait l'objet d'une inscription dans le système national de recherche informatisé de police RiPol. Cela signifie qu'il y a en permanence une moyenne de 7 fugueurs signalés disparus.

- Ces fugues se produisent principalement depuis des foyers (n=867, soit 80.7 %), des domiciles familiaux (n=143, soit 13.3 %) et des hôpitaux pédopsychiatriques (n=55, soit 5.1 %). Quelques cas ont été signalés depuis des écoles, des familles d'accueil et des centres de requérants d'asile mineurs non accompagnés.

- Les disparitions de mineurs non accompagnés sont fréquentes. Selon l'Office de l'Asile, il y en a eu 5 en 2013-2014 et 16 en 2015-2016. Cependant, seules 4 situations ont été annoncées à la PCVS, toutes en 2016.

- Les fugues sont principalement le fait de garçons (n=644, soit 60 %). Depuis les domiciles, il y a autant de fugues de filles (n=71) que de garçons (n=72), et dans les hôpitaux quatre fois plus de fugues de filles (n=44) que de garçons (n=11) ; ce sont donc les fugues de foyers qui ont un impact sur la surreprésentation masculine (n=310 ; n=557).

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- L'ensemble des 1'074 fugues sont le fait de 373 enfants : la question de la récidive est donc centrale. La fugue a constitué un épisode unique pour près de la moitié des enfants fugueurs (45.8 %), mais les récidivistes sont à l'origine de la grande majorité des situations (84.1 %). La médiane des récidives se situe à 2 fugues par personne.

- Une augmentation est constatée au cours de la période étudiée (de 315 en 2014 à 420 en 2016). Cette augmentation se manifeste uniquement depuis les foyers (de 234 à 356, soit + 52.1 %).

- Une fugue toute les 30 heures se produit en moyenne depuis un foyer (n=867).

- Depuis les domiciles familiaux, en moyenne une fugue par semaine est signalée (n=143). 91 enfants ont fugué de leur domicile, à une ou plusieurs reprises. Au moins 28 d'entre eux ont par la suite été placés dans des foyers ou ont séjourné dans des hôpitaux, puisqu'ils y ont récidivé.

- Concernant l'âge des fugueurs, la médiane se situe à 15 ans. Il y a peu de fugues d'enfants de moins de 12 ans (n=8), et la quasi-totalité des fugues d'enfants de moins de 13 ans ont été effectuées depuis des foyers (n=42/45, soit 93.3 %).

- Une fugue dure en moyenne 7.4 jours (n=7919÷1'074) : cette donnée est soumise à une variation significative en fonction du genre (8.2 jours pour les garçons et 6.1 jours pour les filles). L'âge du fugueur a une incidence considérable sur la durée moyenne de la fugue, qui oscille de 4 jours à 12-13 ans à plus de 9 jours à 17 ans.

- La grande majorité des fugues se terminent au cours de la semaine (n=832, soit 77.5 %). 119 avis de fugue ont été révoqués au cours de la même journée. Au lendemain de l'annonce, un tiers des fugues était révoqué (n=357). Il y a aussi 16.4 % qui durent entre 7 et 30 jours (n=176), et 6.1 % plus de 30 jours (n=66). Le pourcentage de ces longues fugues augmente avec l'âge : il passe de 16.7 % pour les 12-14 ans (n=45/269), à 22.9 % pour les 15-16 ans (n=137/597), puis à 30 % pour les fugueurs âgés de 17 ans (n=60/200).

- Le nombre de signalements est soumis à d'importantes variations en fonction des mois. Ainsi, il y a presque deux fois moins de fugues en février (n=62) et en juillet (n=62) qu'en mai (n=119) et en septembre (n=117).

- La nationalité ne semble pas être un facteur de risque significatif : les fugues sont le fait de détenteurs de la nationalité suisse (61.5 %), de ressortissants de l'Union Européenne (22.4 %), d'autres pays européens (3.5 %), et d'autres continents (11.7 %).

Yannick Frossard et Samuel Morard (2017), Fugues en sol valaisan : phénomène mineur ?, mandaté par la Fondation Sarah Oberson, Travail de Bachelor pour l'obtention du diplôme Bachelor of Arts HES·SO en travail social Haute École de Travail Social - HES·SO//Valais - Wallis

 


Programme 


  14 :00 Bienvenue

  Mme Clara Balestra, Fondation Sarah Oberson

  14 :10 Présentation recherche quantitative : « Fugues en sol valaisan : un phénomène mineur ? »
  MM. Yannick Frossard et Samuel Morard, Diplômés HES-SO Sierre

  15 :00 Les fugues en Valais : point de vue de la Police cantonale
  M. Gilbert Murmann, Inspecteur-chef Police cantonale du Valais

  15 :20 Les fugues en Valais : point de vue du Service cantonal de la jeunesse
   M. Christian Nanchen, Chef du Service cantonal de la jeunesse, Valais

  15 :40 Table Ronde : Bonnes pratiques et pistes pour le long terme
   Animée par M. Fabrice Germanier, Journaliste, Directeur de la rédaction à Rhône FM

   Avec la participation des intervenants et de :
           - M. Christophe Boulé, Professeur en Travail social à l'HES-SO Valais/Wallis
           - Mme Nicole Carrupt, Députée PLR au Grand Conseil valaisan
           - M. Roger Fontannaz, Chef de l'Office de l'asile, Valais
           - M. Lionel Aracil, Missing Children Switzerland, Vaud

  Questions du public

  16 :50 Clôture
  M. Jean Zermatten, Président de la Fondation Sarah Oberson

  17 :00 Apéritif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Renseignements pratiques

Public
Cette demi-journée s'adresse au grand public et aux professionnels du domaine, tout comme aux collaborateurs des services officiels. Chercheurs et étudiants bienvenus.

Entrée libre sur inscription

Délai d'inscription : 13 octobre 2017
Date : Mercredi 18 octobre 2017
Lieu : Fondation Universitaire Kurt Bösch, Bramois/Sion
Langue : Français


Fondation Sarah Oberson, info@sarahoberson.org, 027/205 73 03 (Mme Clara Balestra), www.sarahoberson.org

 

 

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